jeudi 26 mars 2015

La généalogie, une passion dangereuse !

Voilà presque deux ans que je n'ai pas publié sur ce blog !

Ce n'est pas pour autant que je n'ai pas eu d'activité généalogique, même si je fais régulièrement des pauses, et que ces derniers mois, sur ma branche française, j'ai arrêté de remonter pour me concentrer sur les contemporains pour trouver des photos anciennes de mes ancêtres (recherches sur lesquelles je ferai probablement un article).

Depuis, je suis également retourné là où j'avais commencé, en 2011, mes toutes premières recherches généalogiques : le Pérou (eh oui, je n'ai pas commencé par le plus simple ! J'ignorais totalement à quel point la généalogie était développée et facilitée en France !).
Certains d'entre vous auront sûrement déjà découvert une partie de mes "aventures" dans mon carnet de route, publié dans le numéro 212 de La Revue française de Généalogie en juin 2014.

Première page de mon carnet de route généalogique publié dans la RFG.

Depuis ce premier voyage généalogique, bien que ma généalogie française m'occupait pas mal, j'avais en tête de retourner au Pérou, continuer mes recherches, et interroger des anciens avant qu'il ne soit trop tard. Mais étant donné le coût du voyage, je reportais chaque année.

L'été dernier, je me décide enfin à partir, à la dernière minute, en achetant mon billet le 11 juillet pour un vol partant de Paris le 14 juillet !

Le vol arrivait à Lima, où je voulais passer le moins de temps possible, en essayant de voir un maximum de famille, en faisant plusieurs rencontres par journée. Une grosse partie des provinciaux partent vivre à Lima, et donc une très grosse partie des cousins de mon grand-père (que je n'ai jamais connu car mort en 1985, soit deux ans avant que je naisse) et de ma grand-mère (que je connais très mal, rencontrée quand j'avais 7 ans, puis en 2011 très rapidement, à cause de conflits familiaux), sur lesquels je comptais pour me raconter des anecdotes et la vie dans les villages de mes grands parents.

Il y avait aussi quelques centres d'archives que je voulais voir là-bas (Archives militaires, et Archives de la Nation), et j'avais repéré sur internet un vendeur de vieux livres, qui possédait des ouvrages que je cherchais : une monographie en deux volumes de Parinacochas, la province d'origine de ma grand-mère, et un petit livre sur le "peuple" dont était issu mon grand-père, que j'avais pu consulter à la médiathèque du Musée du Quai Branly. Ca faisait un moment que je voulais me procurer ces livres assez rares pour en savoir plus sur mes origines, l'arrivée des espagnols dans les régions concernant ma famille, etc.

J'ai donc pu faire tout ça en quelques jours, enregistrer mes grands-oncles et autres vieux oncles plus ou moins éloignés raconter plein de belles histoires, avec l'application dictaphone de ma tablette, que j'avais emmenée avec moi pour pouvoir montrer l'arbre assez facilement, sur l'application Geneanet, car c'était trop compliqué d'imprimer les différentes branches. Et elle me servait aussi à montrer quelques photos de famille et questionner les différents membres pour avoir plus de détails sur ces photos.
J'ai pu acheter les livres que je voulais, et me faire offrir un autre livre que je recherchais, récent celui-ci, sur l'histoire des alentours du village de ma grand-mère, donc un peu plus précis que la monographie, traitant un peu plus des familles, etc. Un peu plus précis, mais pas forcément très fiable étant donné que l'auteur (un cousin assez éloigné, de toute façon tout le monde cousine dans ces villages, sans que ça remonte à très loin non plus) ne se base presque que sur la tradition orale et en fait des affirmations dans son livre.

Les livres que j'ai pu me procurer lors de mon dernier voyage.

Aux archives militaires, ils n'ont pas trop envie de travailler, alors je n'obtiens rien, même pas vraiment d'explications. Dans la paroisse où ont été baptisés ma mère et ses frères et sœurs, la dame de l'accueil est très gentille, mais le prêtre est très désagréable et j'ai dû négocier ferme pour qu'il me laisse finalement chercher les actes de baptême de mes oncles, tantes et ma mère, et surtout de pouvoir les photographier. Car un de mes objectifs était de retrouver la trace du mariage religieux de mes grands parents, n'ayant que des versions différentes sur le lieu à chaque fois selon les témoignages, et en espérant que ceci me permettrait d'avoir plus de précisions sur la naissance de mon grand-père, dont je n'avais toujours pas trouvé l'acte de baptême (l'état civil n'existant pas encore dans le village où il est né à l'époque), alors que j'avais trouvé celui d'autres membres de sa famille.

Je prends le car un peu précipitamment aussi, pour une dizaine d'heures de route de nuit en direction d'Ayacucho, tout content de mes rencontres, avec de belles photos en souvenir, des enregistrements...
J'ai même eu entre les mains la photocopie d'une photo de mon arrière-arrière-grand-mère (grand-mère maternelle de ma grand-mère), ce qui était une belle surprise au Pérou, où la photographie n'était pas aussi développée qu'en France à l'époque.

Ayacucho est la capitale de la Région d'Ayacucho, où se trouvent les provinces natales de mes grands parents. Celle de mon grand-père est toute proche de la capitale, et celle de ma grand-mère à une vingtaine d'heures de bus. Ici, un oncle doit m'héberger. Le lien est assez lointain, je l'ai rencontré en 2011 en même temps que j'ai appris son existence, mais c'est grâce à lui que j'ai pu remonter une branche jusqu'à fin 1600, car il possédait des copies de testaments. Ces testaments étaient un autre de mes objectifs important, car ils se trouvaient aux Archives Régionales, à Ayacucho, et je comptais bien chercher d'autres branches que celles que cet oncle avait, lui, pour des histoires classiques de terrains et non pas pour la généalogie.

Vue sur la place principale d'Ayacucho

Le car part de Lima, il fait quelques arrêts à différentes gares routières, où d'autres passagers montent. L'étage est presque vide. A un moment, un gars vient s’asseoir à côté de moi, et me parle assez rapidement, en me demandant où je vais, et quand je vois qu'il est originaire d'une commune voisine de celle de mon grand-père, je lui parle un peu de mes recherches.

Il mange des biscuits et m'en propose. J'en mangerai deux.
Il était déjà tard avant tout ça et le sommeil venait, en regardant le DVD pirate qu'ils nous passaient.

Lorsque je me réveille, tout le monde est descendu, le bus est arrivé à destination, et je ne me serais pas réveillé si quelqu'un (personnel du bus ? Je ne saurais pas dire...) ne m'avait pas tapoté l'épaule pour m'avertir. Quelques secondes pour émerger et je me rends compte que la sangle de ma petite sacoche où j'avais mes papiers et mon argent était détachée. J'ai alors le réflexe de regarder dans mon sac à dos, et ma tablette avait disparu, tout comme mon appareil photo... Je m'affole, je me lève, mais je n'ai pas tous mes moyens, je suis comme saoul, je n'arrive pas à marcher droit, je n'arrive pas à parler clairement. Dehors, il n'y a plus personne, à part du personnel, et un autre passager, qui dit ne plus trouver son ordinateur portable...

Sur le coup je n'y avais même pas pensé, mais très vite les gens vont tous me dire la même chose : "Te han pipeado", "on t'a drogué".
Il est vrai que l'altitude aurait pu me provoquer ce genre de choses, mais ça n'a jamais été le cas avant, et pour que l'on me vole des choses qui étaient coincées entre moi et la vitre, il fallait que la personne soit sûre et certaine que je n'allais pas me réveiller.
Je ne pense pas que les biscuits y soient pour quelque chose, car je ne me suis pas endormi d'un coup juste après, je somnolais déjà avant, et je somnolais après. Il y a plus de chances pour que la personne m'ait fait inhaler quelque chose pendant que je somnolais, afin d'être sûre que j'ai un sommeil lourd et pouvoir chercher tranquillement dans mes affaires. Car à part la sangle qui avait été laissée défaite, on avait pris le temps refermer mon sac à dos, après avoir choisi la tablette et l'appareil photo, et pareil pour la pochette de mon sac-à-dos, où se trouvaient quelques câbles qui correspondaient à mes appareils.

J'ai eu un peu de chance dans le sens où on m'a (bizarrement) laissé ma carte bleue, mon passeport, et mes cartes d'identité péruvienne et française. Je pense que la personne n'était intéressée que par ce qui pouvait lui procurer de l'argent cash, une tablette et un appareil photo numérique se revendent facilement à bas prix, et les 400 euros que j'avais sur moi allaient directement dans sa poche.

Car de l'agence Civa, avec laquelle je pensais voyager en sécurité, pour une fois que je ne voyageais pas dans des petits bus miteux.

La police est arrivée très rapidement, mais a complètement bâclé son travail. Je suis tombé sur la moins compétente d'entre eux, qui faisait traîner les choses. Mes connaissances me disent que de toute façon, l'agence du car a dû payer la police pour taire un peu l'affaire, la corruption étant très courante là-bas.
Ils me feront faire un test d'urine, dans un gobelet en plastique jetable, identique à ceux qu'on utilise aux soirées, devant tout le monde en leur tournant juste le dos. C'est déjà hallucinant de faire faire ça dans un gobelet, mais encore plus, quand ils m'ont dit que les analyses se faisaient à Lima, donc à plusieurs heures de routes de là, avec rappelons-le, un gobelet, donc un récipient non hermétique, et qui n'est même pas fermé du tout en fait. Mais ça je n'en prendrai conscience que le lendemain, car sur le coup j'étais vraiment sonné, ailleurs, je ne réalisais pas tout...

Tous les jours, la police me dit de revenir le lendemain, que les vidéos tournées aux deux arrêts au début du voyage, au moment de la montée des passagers, allaient arriver, et qu'on pourrait voir si je reconnais quelqu'un. Au final j'aurai passé plus d'une semaine à Ayacucho, sans rien faire à part aller voir la Police qui me faisait tourner en bourrique.
Avec les 50 soles donnés par le personnel des différentes compagnies de la gare routière qui s'était gentiment cotisé en voyant ma détresse et mon état, j'ai pu me payer un rapide aller retour un après midi dans la commune où se trouvent les registres paroissiaux du village de mon grand-père. J'y trouverai enfin l'acte de mariage religieux des mes grands-parents, avec le lieu précis ! Je trouve également l'acte de baptême de mon arrière-grand-père, bien qu'il faudra le vérifier car il y avait également un homonyme d'après le fichier excel de la paroisse. J'ai ensuite passé la nuit dans le village de mon grand-père, et suis rentré le lendemain dans l'après-midi à Ayacucho. Dans ce village, une "tante" éloignée me dit que j'ai eu beaucoup de chance, qu'en tant qu'infirmière elle a déjà vu des gens ayant été drogués, dans un état assez alarmant, avec convulsions et autres trucs assez flippants. Bref, ç'aurait pu finir très très mal...

Je n'avais plus le temps, plus vraiment l'argent, et plus la motivation de continuer les recherches et le voyage.
Ce n'était pas que matériel, sur cette tablette j'avais de très précieux et émouvants enregistrements de témoignages, et sur mon appareil de très jolies photos...

Je finis par rentrer à Lima gratuitement, en me battant un peu avant l'entreprise de car avec laquelle j'avais voyagé.

A Lima j'en profite pour revoir quelques membres que j'avais vus à mon arrivée et reprendre quelques photos avec un appareil qu'on m'avait prêté.

Il ne me reste de toute façon plus beaucoup de temps avant de rentrer à Paris, où j’emmènerai tout de même avec moi un petit trésor à mes yeux : des broderies dont on m'avait si souvent parlé, que réalisait mon arrière-grand-mère sourde muette "Upa-Nati" (Natividad, la mère de ma grand-mère). Ces broderies sont d'autant plus importantes pour moi qu'elles m'ont été offertes par le demi-frère de ma grand-mère, dont j'avais appris l'existence en 2011 peu de temps avant de le rencontrer, et qui m'avait bien mieux reçu que ma propre grand-mère. C'est en partie parce qu'il était persuadé que je venais cette année 2014 que je me suis décidé à prendre mon billet, car "il m'attendait". J'ai bien fait, car il nous a quittés en décembre, avec ses histoires, anecdotes, son sourire permanent. Je regrette de ne pas être retourné au Pérou quelques fois de plus entre 2011 et 2014. Je ne l'aurai vu que 3 fois en tout, quelques heures, avec quelques coups de fil entre mon voyage de 2011 et celui de 2014, mais sa mort m'a vraiment affecté, un peu comme s'il avait été mon grand-père péruvien. Les enregistrements et les belles photos que j'avais avec lui se sont envolés avec le connard qui aura revendu mes appareils pour une bouchée de pain, mais resteront dans ma tête et dans mon cœur.

Les broderies de mon arrière-grand-mère Upa-Nati, offertes par mon grand-oncle Aquiles...

mercredi 15 mai 2013

Dossier de naturalisation fantôme retrouvé

Mardi 30 Avril 2013 : Je mets les pieds aux Archives Nationales, Site de Pierrefitte, pour la toute première fois, pour enfin consulter un dossier de naturalisation pour lequel j'avais fait une première demande il y 'a près d'un an. Sauf que le dossier ne se trouvait pas dans la boîte où il devait se trouver... Et il n'y avait apparemment rien à faire...




Ce dossier de naturalisation était pourtant ma dernière chance de remonter une branche d'un couple, ayant eu des enfants en Algérie. Il s'agit du couple Antoine (Jean Angelo s'ajoutent parfois selon les actes) PALOMBA/PALOMA et Thérèse (Theresina, Marie Augustine Teresa) CARIA. J'avais rapidement deviné qu'ils étaient italiens, car les autres PALOMBA trouvés sur le site ANOM, venaient principalement de Torre del Greco, dans la province de Naples. Puis dans l'acte de naissance d'un de leurs enfants, il était dit qu'ils s'étaient mariés en Sardaigne. Aucun moyen de mettre la main sur leur acte de décès, car en 1901 ils sont toujours vivants, dans le village de Saint-Charles (Constantine),où je suppose donc qu'ils sont décédés, même si là-dessus je n'ai aucune certitude non plus... Je n'ai donc pas pu trouver leur acte de décès car il n'y a rien en ligne pour Saint-Charles pour les décès à partir de 1893. J'ai écrit aux sœurs Capucines, qui n'ont apparemment pas de registre de Saint-Charles... :(

Le dossier de naturalisation était donc le seul espoir que j'avais d'avoir une mention de leur lieu de naissance avec plus de précision, même s'il ne concernait pas ce couple directement, mais leur fille Marie Fulmen PALOMBA et son époux Alonzo JUANICO, dont les parents sont originaires de Minorque, sur lesquels j'aurais aimé avoir un peu plus de précisions aussi pour pouvoir remonter du côté des Baléares...

J'ai donc refait la demande de consultation de ce dossier il y a quelques semaines et là une belle surprise ! Je peux le consulter !

Voici donc le compte rendu de ma visite.

Je n'avais jusqu'à présent que deux enfants du couple Alonzo JUANICO et Marie Fulmen PALOMBA : Mon ancêtre Alphonse JUANICO, et sa sœur Marie Thérèse JUANICO.

Dans le dossier, j'ai dès le début mention d'une autre fille, qui a fait la demande du dossier de naturalisation de son père Alonzo, pour compléter une demande de constitution de statut de veuve de guerre. Cette demande de dossier date de 1964 et est faite par Mme Jeanne APREA (Née JUANICO, à Saint-Charles, le 05/05/1891). Lors de sa demande elle est "hébergée à Tarbes, asile St-Frai".
Dans une des lettres du dossier, elle est mentionnée comme fille de "JUANICO BARIELO Alonzo". Ce qui me donne une autre piste orthographique à laquelle je n'avais pas pensé pour la mère de ce dernier, que j'avais trouvé sous la forme BARCELO (probablement la bonne) et BARUELO.

Ensuite j'ai la confirmation que Marie Fulmen est née "de parents italiens", bien que je l'ai peut être déjà vu mentionné dans un acte de naissance.

Je vais avoir le reste des copies d'actes de naissance des enfants dans le bordereau qui contient également quelques autres indications sur le couple et leur famille.

Il y est dit que les parents de Alonzo JUANICO sont décédés à Alger. Ce qui ne correspond pas à ce que j'avais trouvé auparavant, son père étant décédé à Philippeville, et sa mère à Mustapha.
Il y est également dit que Alonzo est père de 10 enfants, dont 2 de son premier mariage.

Extrait du dossier de naturalisation de Alonzo JUANICO.
Acte de décès de Geronima BARCELO, veuve JUANICO, à Mustapha au hamma.
Acte de décès de Diego JUANICO, à Philippeville.

Concernant Marie Fulmen, ses parents seraient nés en Italie et naturalisés Français, domiciliés à Moris, Bône. Marie Fulmen a deux frères, Antoine 36 ans et Salvator 27 ans, vivant à Moris.
Et 3 soeurs : Philomène 30 ans, Laurence 28 ans, et Anna 21 ans, toutes trois mariées et demeurant à Moris, arrondissement de Bône.

Extrait du dossier de naturalisation de Alonzo JUANICO et Marie Fulmen PALOMBA son épouse.

Viennent ensuite les copies d'actes de naissance :

- Pierre François JUANICO, né le 11/11/1892 à Saint-Charles. (pas trouvé sur le site ANOM)
- René JUANICO, né le 12/06/1881 à Saint-Charles.
- Géronie Philomène JUANICO, née le 07/04/1888 à Saint-Charles, ferme Ropa. (Pas trouvée sur le site ANOM)
- Hélène JUANICO, née le 28/05/1894 à Saint-Charles.
- Françoise JUANICO, née le 25/03/1896 à Saint-Charles. Un des témoins est André KUEHN, employé de mairie, âgé de 23 ans. Ce qui correspond au fils de François Georges KUEHN et Anne Claudine RIQUIER.

En revenant au début du dossier, j'ai remarqué une note qui semblait faire référence à un autre dossier de naturalisation : "V1237X99 fille et gendre".

Je n'ai pu confirmer que la naissance de René JUANICO avec l'état civil en ligne sur le site ANOM, car il y a un gros trou de l'année 1888 et l'année 1899 pour les naissances.

Ce dossier m'a donné quelques informations supplémentaires mais m'a apporté encore plus de questionnements :

-Pourquoi est-il dit que les parents d'Alonzo sont décédés à Alger alors que je n'ai pas trouvé les mêmes informations. (J'irai tout de même vérifier) ;
-Quel est le dossier de naturalisation mentionné ;
- Comment remonter le couple PALOMBA CARIA, dont il est dit qu'ils sont naturalisés français alors que je ne crois pas avoir vu de décret correspondant lors de mes recherches. J'aimerais mettre la main sur les actes d'état civil, ou paroissiaux, mais cela semble difficile pour la commune de Saint-Charles (Ramdane Djamel aujourd'hui), qui comporte beaucoup de lacunes à partir de la fin du XIXe siècle, commune sur laquelle j'ai malheureusement d'autres branches...

J'en ai profité pour me replonger un peu sur le site ANOM et j'ai trouvé un CARIA, un certain Jean-Marie, né dans un endroit qui pourrait correspondre au lieu de naissance de Thérèse CARIA, car il s'agit d'une ville située en Sardaigne, appelée Macomer...

En entrant les enfants du couple JUANICO PALOMBA, plus un qui est mort né, qui n'était pas mentionné dans le dossier, tout comme les deux enfants qu'il avait eu de sa première femme, j'atteins la barre des 500 individus dans mon arbre.

mercredi 20 mars 2013

Des ancêtres qui changeaient de signature...

Hier je me suis décidé à chercher l'acte de baptême de Pierre Henry QUEVELLY / QUEVILLY, (fils de Jean Baptiste QUEVILLY et Marie Magdeleine LANTELME) dont j'avais trouvé la transcription de l'acte de décès grâce aux tables décennales, à Toulon.

Son acte de décès ne mentionnait que son âge de 33 ans. Son décès ayant eu lieu le 12/01/1820, il y avait de fortes chances qu'il soit né en 1786. Restait à savoir par quelle paroisse commencer.
Toute la fratrie (5 filles en plus de Pierre Henry) a été baptisée à la paroisse Saint-Louis, à part mon ancêtre Thérèse Gabrielle QUEVILLY qui a été baptisée dans la paroisse Sainte-Marie, là même où se sont mariés ses parents, Marie Magdeleine LANTELME étant pourtant de la paroisse Saint-Louis, mais vivant apparemment dans celle de Sainte-Marie depuis son enfance.

Je me suis donc orienté sur la paroisse Saint-Louis pour commencer, en commençant par la fin du registre, et c'est finalement tout au début que je l'ai trouvé car il est né le 08/01/1786.

Acte de baptême de Pierre Henry QUEVILLY,
Toulon, Paroisse Saint-Louis, 09/01/1786.

Ça y est j'ai enfin ma fratrie complète avec leurs dates de naissance et de décès, car c'était le seul dont il me manquait la date de naissance !

Pendant cet épluchage du registre de l'année 1786, j'ai procédé à un relevé des noms présents que j'ai dans mon arbre, comme j'ai l'habitude de le faire, sur excel, ceci pouvant ainsi me servir quand je reviendrai sur les autres branches.

Comme j'avais mon relevé d'ouvert, je me suis dit que j'allais faire une petite recherche concernant les parents de Marie Magdelaine LANTELME, en faisant Ctrl+F et en tapant Jean par exemple.
Et c'est avec surprise que je suis tombé sur le baptême de Marie Magdelaine LANTELME, à Toulon Saint-Louis, avec la page correspondant sur les archives en lignes.
Je ne comprenais pas car comme je le disais dans mon tout premier article, j'avais eu sa date de naissance et carrément la retranscription de son acte de baptême dans le dossier de son mari Jean Baptiste QUEVILLY, et j'avais cherché à la date et paroisse indiqués, même dans l'autre paroisse, en vain. J'avais regardé un peu avant et un peu après, mais vraiment à peine. Elle est en fait née le 17/06/1758 et baptisée le 18, lors de la transcription présente dans le dossier, celui qui rédigeait à oublié de copier le 8 de dix huit, ce qui a donné comme date de baptême le dix juin 1758 et donc comme date de naissance le 09/06/1758.

Acte de baptême de Marie Magdelaine LANTELME,
Toulon, Paroisse Saint-Louis, 18/06/1758.

Voilà ça c'est pour le petit côté journal de mon blog. J'ai donc mis la main sur deux actes, qui ne m'apportent pas grand chose en soi.
Par contre l'acte de baptême de Marie Magdelaine LANTELME m'intéressait car j'avais vu dans sa retranscription que le père avait signé, et j'accorde de plus en plus d'importance à la signature, qui est le plus souvent la seule trace que l'ont ait vraiment de notre ancêtre, puisque de la main de celui-ci.
Ceci m'intriguait d'autant plus qu'il était dit que le père avait signé LANTAUME.
Et c'est en effet le cas dans le vrai acte de baptême.

Ceci me sert donc de prétexte pour faire un article sur les signatures, car dans un des premiers posts, je m'étais déjà interrogé sur celles de mon ancêtre Jean Baptiste QUEVILLY.

J'évoquais le fait que sa signature était très différente sur l'un des actes, et que j'avais trouvé ça étrange...
En fait sur tous les actes elle ne change pas trop, mais sur la deuxième je trouve vraiment que ça n'a rien à voir avec le reste. Lorsque j'étais tombé sur cette signature je l'avais trouvé très belle, très maîtrisée  alors que les autres paraissent bien maladroites à côté...
Voyez par vous même...

Signatures de Jean Baptiste QUEVILLY dans différents actes.
Il n'a pas été présent lors du baptême de tous ses enfants.

Je ne sais pas trop quelle explication on pourrait donner à cela...
Il y a également quelque chose de mentionné par le prêtre à la fin de l'acte de la belle signature, en parlant de mon ancêtre à propos des signatures, après qu'il dise que la marraine ne sait signer. Mais je n'arrive pas à lire.
Si quelqu'un y arrive, l'acte se trouve sur le site des AD du Var : http://www.archives.var.fr/arkotheque/archives_numerisees/3_famille_individus.php
Il se trouve à l'année 1782 dans le registre 1780-1790 de La Seyne-sur-Mer, fin de page 93/503 début 92/503.

Ce qui m'a poussé à écrire l'article aujourd'hui, c'est donc l'acte de baptême de Marie Magdeleine LANTELME, où son père Jean Louis, avait signé LANTAUME.
Je me suis dit qu'il s'agissait peut-être d'une féminisation du nom pour mon ancêtre Marie Magdeleine.
Du coup les filles de Jean Louis LANTAUME s'appelleraient LANTELME et ses fils LANTAUME.
Sauf que je n'ai pour l'instant que mon ancêtre Marie Magdeleine, et son frère cité comme parrain dans l'acte de baptême d'un des enfants comme parrain et oncle. Et il signe ... LANTHELME.
Mais la vraie question se pose sur la signature de leur père, que je trouve également sous la forme LANTELME.

Alors d'accord pour que l'on ait une orthographe différente d'un prêtre à l'autre, mais qu'un individu le fasse lui même d'une signature à l'autre...


mardi 19 mars 2013

Une épouse tombée dans l'oubli

Ce week-end, j'ai réussi à résoudre un (petit) mystère.

Il n'était pas d'une importance primordiale car ne concerne que le fils d'un ancêtre, mais je ne voulais pas fausser mes données dans mon arbre.

Le problème s'est posé à moi il y a près d'un mois, lorsque je faisais en fait des recherches pour une autre branche. Je cherchais des enfants du couple Marie Anne GIBERT et François César RIQUIER en épluchant les registres, afin d'essayer de préciser les différents postes que ce dernier avait pu occuper au cours de sa carrière militaire, avant d'être exécuté "par jugement de la commission révolutionnaire" (voir cet article : http://geneajunkie.blogspot.fr/2013/03/un-ancetre-qui-donne-du-fil-retordre.html ). Pour cela, j'ai donc commencé à éplucher les actes de la paroisse Saint-Louis de Toulon, car les deux enfants du couple que j'avais déjà y étaient nés, dont leur premier en 1784 la même année que leur mariage, qui avait pourtant eu lieu dans l'autre paroisse, Sainte-Marie. J'ai donc commencé à partir de l'année suivant le deuxième enfant que j'avais, donc de 1890 à 1894, c'est à dire année de la mort de François César RIQUIER.
Je me suis arrêté en 1791 car j'y ai trouvé un enfant, et je me suis ensuite consacré à ma trouvaille dont je vous fais part dans cet article.

Donc en fouillant, je suis tombé en 1790 sur un acte de mariage d'un certain Louis GIBERT "charpentier fils mineur de Joseph et de feue Anne Thérèse LAUDON natif de la paroisse St-Nazaire" et Marie Louise DUFOUR.

Cet acte était vraiment intéressant car je cherchais à en savoir plus sur mon ancêtre Joseph GIBERT, qui était "brigadier des fermes du Roy", parfois simplement mentionné comme brigadier, et dans les actes les plus récents, comme gardien (dans son acte de sépulture) et comme "gardien entretenu de la marine" dans l'acte de mariage d'un de ses fils en 1808, trouvé à peu près en même temps que celui-ci.

Ce couple Joseph GIBERT et Anne Thérèse LAUDON avait pas mal bougé. Lors de deux naissances de leurs enfants ils étaient à Bandol, et lors de deux autres naissances, à Six-Four-les-Plages. Mais avant ça ils s'étaient mariés à Saint-Thropez, commune d'origine de l'épouse.
Il était donc intéressant de préciser un peu leur parcours, leurs différents déplacements, qui devaient êtres dus au métier de l'époux, qui correspondait en gros au métier de douanier (il est d'ailleurs mentionné également comme brigadier des douanes dans les actes les plus récents).
J'avais donc dans cet acte la mention d'une toute nouvelle commune qui s'ajoutais à leur parcours.
Je me suis empressé d'ajouter ce fils dans mon logiciel de généalogie.

Acte de mariage de Louis GIBERT et Marie Louise DUFOUR,
Toulon, Paroisse Saint-Louis, 19/11/1790.

Je suis ensuite allé chercher son acte de décès dans les tables décennales de décès de Toulon, pour espérer y avoir plus de précisions sur le métier de son père Joseph, et également une éventuelle date de naissance qui me permettrait d'aller fouiller dans les registres de baptême de Sanary-sur-Mer, pour également peut être avoir des précisions sur le métier du père, un lieu d'exercice aurait été très intéressant pour aller chercher du côté des archives des douanes ou des archives nationales et sûrement d'autres archives que j'ignore encore.

En fait cet acte de décès ne va que me compliquer les choses au premier abord...

En effet, dans cet acte, ce Louis GIBERT est cité comme né à Sanary et des mêmes parents que celui de l'acte précédent. Mais ici, il est "invalide de la marine" et "veuf en premières noces de Magdelaine GIRAND et époux de Marie BISTAGNE.

Qu'était devenue la pauvre Marie Louise DUFOUR ?

Plusieurs hypothèses se présentaient à moi :
- Il s'agissait bien du même Louis, mais il y a eu une erreur et un oublie de son premier mariage et il en était donc à son troisième mariage avec Marie BISTAGNE.
- Il s'agit d'un autre Louis, qui s'est marié seulement deux fois, avec Magdelaine GIRAND puis Marie BISTAGNE, et il est sûrement le frère de l'autre Louis, étant donné les mêmes noms de parents et le lieu de naissance, seul un premier ou un deuxième prénom les différenciant peut être, comme cela se faisait assez souvent au XVIIIème siècle.

Acte de décès de Louis GIBERT,
Toulon, 28/10/1833.

Pour cela je vais toujours dans les tables décennales à la recherche du dernier mariage Louis GIBERT et Marie BISTAGNE, que je trouve donc à la date du 29/10/1831.
Il n'y est fait mention que d'une épouse précédente, déjà citée dans l'acte de décès : Magdelaine GIRAND.
Dans cet acte, Louis GIBERT est également invalide de la marine et les dates de décès des parents concordent avec d'autres mentions de ces dates d'un autre enfant, et du coup leurs actes de sépulture que j'avais trouvé.

Mais pour l'instant cet acte ne m'avance pas à grand chose, toujours aucune mention d'un tout premier mariage avec Marie Louise DUFOUR. Mis à part la date de décès de sa veuve mentionnée, qui me permet d'aller chercher son acte de décès, où il est dit que son époux (donc Louis GIBERT), est "ouvrier charpentier".

Acte de mariage de Louis GIBERT et Marie BISTAGNE,
Toulon, 29/10/1831.

Ceci est encore plus intriguant s'il s'agit du même Louis GIBERT sur tous les actes, car lors du décès de cette dernière, il a tout de même 60 ans, alors je ne le vois pas s'engager dans la marine à cet âge puis devenir invalide de la marine, comme mentionné dans l'acte de baptême et son acte de mariage à peine 3 ans plus tard.

Cet acte de mariage me donne quand même également une date précise de naissance, ce qui me permet de mettre la main très facilement sur l'acte de baptême de Louis GIBERT à Sanary-sur-Mer.
Mais cet acte de baptême de m'avance pas à grand chose non plus, le père Joseph GIBERT y est cité comme "brigadier en ce département". Au moins je sais qu'il exerçait dans le Var, en admettant que les limites du département n'aient pas trop changé depuis.

Je ne peux toujours par enregistrer la date de naissance dans mon arbre car je n'ai toujours pas la certitude qu'il s'agit d'un seul ou de deux individus.

Acte de baptême de Louis GIBERT,
Sanary-sur-Mer (anciennement Saint-Nazaire), 27/08/1766

Je poursuis donc mes recherches dans les tables décennales de mariage pour trouver celui avec Magdelaine GIRAND, en espérant qu'il y sera fait mention d'un premier mariage avec Marie Louise DUFOUR, mais je ne trouve rien entre 1832 et 1803.

Ce week-end, je m'attaque donc aux tables annuelles en commençant par l'année 1802, car j'ai appris leur existence sur les dernières années précédant les tables décennales,  la semaine dernière, grâce à la personne qui m'avait beaucoup aidé sur la branche RIQUIER/QUEVILLY, et qui m'avait fait mettre les pieds dans les archives du Var pour la première fois. 

Et là, de la chance, le mariage a eu lieu en 1802, donc je trouve l'acte très vite.
Il s'agit encore du même Louis GIBERT, avec les mêmes parents, même date et lieu de naissance. Et cette fois il y est fait mention de cette fameuse Marie Louise DUFOUR.
Je n'arrive par contre pas à lire le métier de Louis...

Acte de mariage de Louis GIBERT et Magdelaine GIRAND,
Toulon, 07/06/1802 (18 prairial an X).

En tout cas, j'ai enfin la confirmation qu'il s'agit bel et bien du même individu sur tous les actes, et je peux enfin saisir la date de naissance pour Louis GIBERT, même si cet individu ne change pas grand chose à mon arbre, mais en étant sûr de ne pas oublier un frère ayant un même prénom, ou de ne pas ajouter un individu qui n'était en fait qu'un seul... :)

samedi 16 mars 2013

Noms avec plusieurs orthographes : comment choisissez-vous ?

Les articles précédents sur mon ancêtre Jean Baptiste QUEVILLY sont un bon prétexte pour aborder un sujet qui pose souvent problème au généalogiste débutant : l'orthographe du nom.

En effet, dans mon dernier post, on peut voir que dans le même acte, le nom est orthographié de deux manière différentes, QUEVILLY puis dans l'acte QUVILLIER. Dans d'autres actes et documents, j'ai trouvé la forme QUEVELLY, QUIVELLIER, CUVILLIER, CUVILLER, avec parfois des S en plus aux terminaisons en ER...

Un exemple de 4 orthographes différentes rencontrées pour mon ancêtre Jean Baptiste QUEVILLY, dans le même dossier...







Souvent le généalogiste en herbe, avec en tête l'importance que l'on donne aujourd'hui au nom de famille, dont l'orthographe est fixée, et qu'on s'empresse de corriger lorsque l'ont esquinte notre nom, va laisser passer une personne dans un registre, simplement parce que une ou deux lettres changent, alors qu'il s'agit en fait de la personne qu'il recherche !

Je me suis par exemple fait avoir avec le nom ANTELME et LANTELME...

Puis également avec mes ancêtres dans le Var, région dans laquelle on féminisait les noms de famille, une fille de M. FELIX par exemple devenait Mlle FELISSE. La fille de ACHARD devenait ACHARDE, la fille de RICAUD, devenait RICAUDE, BEUF devient BEUFUE (ou BUEFUE quand les prêtres s’emmêlaient les pinceaux plumes), etc.

Ceci ne me pose plus de problème, même si parfois la différence peut aller loin et du coup on ne fait parfois pas le rapprochement avec un nom qui est en fait le même.

Mon interrogation se fait plutôt sur ce que je rentre dans mon logiciel de généalogie.
Lorsqu'un nom domine, je finis par rentrer celui-ci, mais parfois, chaque acte mentionnant un ancêtre lui donne une orthographe différente. On peu alors s'appuyer sur la signature, mais il n'y en a pas toujours.

Le choix du nom est pourtant primordial pour les sites comme geneanet, pour trouver des croisements avec d'autres arbres et pouvoir nous aider à partir sur une autre branche. Geneanet par exemple utilise la possibilité pour les membres premiums d'élargir la recherche aux variantes, mais le fait-il pour les alertes. Et de toute façon, les variantes sont proposées par des membres, et toutes les fautes commises par les prêtres et officiers de l'état civil n'y sont pas forcément !

J'ai par exemple une cousine généalogique qui a adapté une femme BUEFUE en BEUF car son père s'appelait BEUF. Moi j'aurais tout de même tendance à laisser tel quel.

Un exemple qui m'a posé problème : La famille PALOMA.
On retrouve la forme PALOMBA, PALOMA, et même PAROUMA et PAROMA, ceci m'avait posé problème car ces recherches se faisaient sur le site des ANOM, donc par nom, et même si les noms PAROUMA et PAROMA ont été corrigés, les personnes ayant fait les relevés n'ont noté que les noms marqués tels quels lors de la déclaration. Ce qui m'a donc posé problème quand je tapais PALOMA ou PALOMBA, je ne trouvais rien. D'ailleurs je bloque totalement sur les parents, je n'ai pas leur acte de décès. Et je n'ai donc pas leur ville d'origine... Si quelqu'un a une solution... Le dossier de naturalisation de mon ancêtre Marie Fulmen, leur fille, n'a pas été retrouvé aux Archives Nationales...

Acte de naissance de mon ancêtre Marie Fulmen PALOMBA / PALOMA,
La Calle, Constantine, Algérie, 07/01/1858.

Acte de naissance de Laurencina PAROUMA / PALOMA,
Constantine, Algérie, 13/09/1864.

Acte de naissance de Jean Salvator PALOMA,
Constantine, Algérie, 24/12/1867.

Acte de naissance de Anne Marie PAROMA / PALOMA,
Bône, Algérie, 24/07/1872.
Et vous alors, comment faites-vous le choix du nom à rentrer dans votre logiciel ?

lundi 11 mars 2013

Le lieu de travail du père comme nom de l'enfant : une preuve d'amour ?

Comme je vous le disais hier, j'ai une petite anecdote concernant une des filles de mon ancêtre Jean Baptiste QUEVILLY en rapport avec le fort de Brégançon où il était commandant.

Acte de naissance de Marie Philipine Brigançon Quvillier,
Toulon, 09/11/1794.
On peut donc lire sur cet acte de naissance fait au Port-la-Montagne (Port de la Montagne dans l'acte), nom brièvement porté par Toulon pendant la période révolutionnaire, que "Marie Anne ANTELME native de cette commune âgée de trente deux ans épouse du citoyen Jean Baptiste QUVILLIER, natif de Beaumesnil, département de l'Eure, quarante deux commandant au fort de Brigançon actuellement absent pour la défense de la République, est accouchée hier à midi dans sa maison d'habitation ........d'une fille qu'elle m'a présenté et à laquelle il a été donné le prénom de Marie Philipine Brigançon QUVILLIER [...]".

Donc à priori, la mère a donné comme un des prénoms à sa fille, le nom du fort où est en train d'exercer son époux, qui y est d'ailleurs au moment de la déclaration de cette naissance.

Cet acte m'a attendrit, car j'y ai vu personnellement une épouse amoureuse et admirative de son mari, qui lui manque car absent à cause de son métier de militaire. J'y ai vu un symbole, peut-être à tort.

Mais quelques temps après avoir commencé ma généalogie, je me suis interrogé sur la pertinence d'un arbre. Car il faut se rendre à l'évidence, ce n'est pas propre à notre époque, mais nos ancêtres aussi étaient volages, et il y a forcément une branche et même plusieurs qui du coup est faussée, car officiellement, dans l'acte de naissance ou de baptême, notre ancêtre est la fille de l'époux de sa mère (vous suivez ?), mais il y a forcément un moment où ce pauvre ancêtre (qui du coup n'en est pas vraiment un) était cocu et reconnaissait l'enfant d'un autre sans le savoir !

Alors même si du coup il y a des chances que biologiquement parlant, cet ancêtre ne soit pas le bon, et bien en considérant que pour en arriver jusqu'à lui, tous les pères mentionnés dans les actes de naissances de mes ancêtres dans mon arbre sont les bons, cela me rassure et me rend plutôt certain qu'il est le père de ces enfants, dont mon ancêtre Thérèse Gabrielle QUEVILLY...

Voilà, en plus d'être un drôle de prénom, il est pour moi une preuve qu'à l'époque, il n'y avait pas que des mariages arrangés mais également des couples réellement amoureux...

Le fort de Brégançon avant...

Le Fort de Brégançon de nos jour,
qui sert de résidence de vacances aux Présidents de la République

dimanche 10 mars 2013

Un ancêtre qui fait rêver et voyager, ou un ancêtre en Amérique et aux Caraïbes en 1778

J'en reviens à la consultation du dossier d'officier de Jean Baptiste QUEVILLY.
Celui-ci me permets d'avoir le détail de sa carrière, qui je l'espère me permettra de d'accéder à des contrôles des troupes et rôle d''équipage, pour avoir par exemple des détails sur son physique, que je n'ai pas eu la chance d'avoir dans ce dossier, qui à part ce tableau, concerne surtout la demande de pension de sa veuve.

J'ai donc fait un tableau pour me permettre d'y voir plus clair et d'avoir toutes les informations sous les yeux.
Feuille récapitulative de la carrière de Jean Baptiste QUEVILLY
Artillerie de Marine - Port de Toulon - 6ème demi-brigade



Années des campagnes
Ports où les armements ont été faits
Date de l’armement
Noms des Bâtiments
Rôle
Noms des capitaines
Destinations des Bâtiments
Ports où les désarmements ont été faits
Date du désarmement
Durée de la campagne en Paix
A.M.J
Durée de la campagne en Guerre
A.M.J
1778
1779
1780
à Toulon
01/04/1778
Vaisseau
Le Sagitaire
Sergent
D’Albert de rions
à l’Amérique
à Toulon
31/01/1780
00.00.00
01.10.00
1780
1781
1782
à Toulon
09/09/1780
Corvette
La Badine
en qualité de sergent faisant fonction de Capitaine d’armes
De Vénel
dans la méditerranée
à Toulon
31/02/1782
00.00.00
01.04.22
1784
1785
à Toulon
10/05/1784
Vaisseau
Le Séduisant
Capitaine d’armes
De Saineville
à Constantinople
à Toulon
09/01/1785
00.08.00
00.00.00
1785
à Toulon
10/01/1785
Vaisseau
Le Séduisant
Capitaine d’armes
Aguillon,
Ensuite Poullain
Resté à Toulon dès le 13/04/1785
à Toulon
13/04/1785
00.03.04
00.00.00

à Toulon
14 floréal an 6
Vaisseau L’Orient
Chef de Bataillon
Cazabianca
dans la méditerranée


00.00.00
00.07.06

Suite du tableau 


Combats
Blessures et leurs natures, évènements particuliers
Observations
Détaché à Marseille le 29/03/1773 Revenu à Toulon le 31/03/1774.
Détaché à Marseille le 17/03/1776. Revenu à Toulon le 21/09/1776.
Le 30/07/1778 contre une batterie en entrant par la petite passe de Rodislang.
Le 10/08/1778 contre différentes batteries en sortant du port de Rodislang & Chasser l’escadre angloise.
Le 15/09/1778 avec les Vaisseaux anglois mouillés à Sainte Lucie. Le 06/07/1779 avec l’escadre angloise après la prise de l’Isle de la grenade.
Le 24/09/1779 avec le vaisseau L’Expériment. Le 08/12/1779 avec Le Tigre corsaire anglois détaché comme commandant. Le fort de Brigançon le 17/06/1793 jusqu’au 28/07 suivant commandant de nouveau le fort de Bregançon le 12/09/1793 (vs.) lors de l’infâme trahison ….
Mort au Combat du 14 Thermidor an 6.

J'ai donc eu la confirmation qu'il était bien parti aux Amériques à bord du vaisseau le Sagittaire.
Dans la dernière colonne, j'avais déjà consulté directement lors de ma visite au SHD de Vincennes, et j'avais remarqué avec amusement la mention de "Rodislang" que j'avais donc associé aux Amériques et donc à Rhode Island. Je n'ai toujours pas de confirmation que Rodislang était tout simplement Rhode Island mais c'est ce qui me parait le plus probable.
Lors de ma visite j'avais également remarqué dans cette colonne la mention de "Grenade" et je l'avais associée à la ville Espagnole, mais il s'agit en fait de l'État de La Grenade, aux Antilles, ce qui correspond bien à sa campagne aux Amériques. 
Tout comme Sainte-Lucie qui est également un État des Antilles.

Il y a également la mention de son poste au fort de Brégançon, que j'avais eu récemment dans l'acte de naissance d'une de ses filles, à propos duquel j'ai d'ailleurs une petite anecdote amusante que j'aborderai dans un prochain post.

Avec ce tableau, j'ai les différents postes qu'il a occupé sur les différents navires dont j'ai également les noms.
Il y a donc le Sagittaire, que j'ai déjà mentionné plus haut, à bord duquel il est allé aux Amériques et donc aux Antilles.
Il y a la corvette La Badine, le vaisseau Le Séduisant, à deux reprises, et enfin L'Orient, à bord duquel il est mort à la bataille d'Aboukir. Concernant L'Orient, je l'avais eu dès l'ouverture du dossier, ce qui m'avait procuré beaucoup d'excitation à ce moment là, car j'avais déjà regardé sur internet à peu près tous les navires ayant participé à la bataille d'Aboukir, et je mettais enfin un nom sur celui de mon ancêtre.

L’Orient incandescent à la Bataille du Nil, par Thomas Luny, 1834.
Représentation de l'explosion de L'Orient à la bataille d'Aboukir,
lors de laquelle est décédé mon ancêtre Jean Baptiste QUEVILLY

Maquette du vaisseau "Le Peletier ex Séduisant"
Un autre visuel du vaisseau Le Séduisant,
que je ne trouve pas très ressemblant avec la maquette...


Je n'ai jamais été particulièrement intéressé par les maquettes de bateaux, mais avoir le nom des navires de mon ancêtre me donne vraiment envie de mettre la main sur des visuels de ceux-ci, pour pouvoir en faire faire des maquettes. Cet ancêtre était déjà très particulier après mes premières recherches sur lui, mais il me donne toujours plus de surprises et me fait voyager. L'imaginer à bord du Sagittaire débarquant en Amérique qui n'était encore qu'une colonie anglaise deux ans plus tôt, puis aux caraïbes sur les îles de La Grenade et de Sainte-Lucie.

Titre de pension de Marie Magdelaine LANTELME, veuve de Jean Baptiste QUEVILLY,
qui m'a donné en premier le nom du vaisseau de L'Orient.
Ce document, quand je l'ai regardé plus en détail hier, a provoqué chez moi encore plus d'excitation l'espace d'un instant. En effet, en bas à droite on peut y lire "Le Premier Consul, signé Bonaparte", alors j'ai cru que ce document était signé de la main de Napoléon Bonaparte, mais cela me parait finalement peu probable étant donné que l'écriture est là même sur l'ensemble du titre, et que les "signatures" ont également la même écriture.

Pour en revenir à la grande feuille récapitulative de la carrière de Jean Baptiste QUEVILLY, on peut lire avant le tableau :

"a servi au Dépôt des colonies à L'Isle de Ré comme recrue du 1er août 1768 au 1er juillet 1769 enrôlé dans L'ancienne division le 27 avril 1772.
- fait appointé le 1er juin 1773
- Caporal le 1er mars 1774
- Sergent le 1er septembre 1776
- fourrier en 1er le 1er may 1782
- Sous lieutenant le 1er may 1786
- Capitaine le 1er juillet 1792
- Chef de Bataillon le 9 Pluviôse an 4."

Il ne me reste plus qu'à me renseigner un peu mieux sur ce dépôt des colonies de l'île de Ré, qui est la première étape par laquelle est passé mon ancêtre, cet endroit étant bien plus proche de son lieu d'origine que Toulon.